Pour la séance Culture numérique et nouvelles pratiques de lecture d’un cours de Master 1 Information-Communication à l’IFP de Paris 2 Panthéon-Assas, ma camarade Elise Salin et moi-même avons choisi de nous interroger sur la curation de contenus et notre nouvelle manière d’appréhender le savoir. Nous nous sommes basées sur les textes de l’écrivain canadien Olliver Dyens et du sociologue des pratiques culturelles Jean-François Barbier-Bouvet.
Sur Internet, l’abondance d’information a donné naissance à des outils en ligne de curation comme Scoop it ou Storify, que nous utilisons pour trier parmi les dernières actualités et partager celles que nous voulons rendre visibles à nos proches. Les acteurs du numérique appellent ce concept à la mode : la curation de contenus.
D’après l’éditrice Erin Kissane dans Stratégie de contenu web (éditions Eyrolles, collection A Book Apart), cette tendance trouve son origine dans le rôle des conservateurs de musée, les « curators » (du latin cura, soigner), qui sont chargés de choisir parmi les œuvres, de les conserver et de les rendre accessibles au public.
Ce rôle était aussi celui des professionnels de l’information (journalistes et éditeurs), de véritables « gatekeepers » à l’accès aux contenus. Mais avec les nouvelles technologies venues Internet, nous sommes nous-mêmes devenus des « curators », des producteurs et éditeurs de contenus.
Par ailleurs, Dominique Cardon, sociologue au Laboratoire des usages d’orange Labs et chercheur à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), rappelle que, outre les outils de curation existants, l’éditorialisation des contenus en ligne se pratiquait déjà dans l’abonnement aux flux RSS et dans la création de playlists musicales, et se fait aussi inconsciemment sur les réseaux de partage comme Twitter et Facebook.

Le Guide de la curation (1) – Les concepts http://pro.01net.com/editorial/529624/le-guide-de-la-curation-%281%29-les-concepts/
Cette tendance de curation s’applique aussi aux contenus matériels tels que la presse papier et le livre, comme le démontrent l’écrivain québécois et professeur au département d’études françaises de l’université Concordia de Montréal Olliver Dyens et le sociologue Jean-François Barbier-Bouvet, spécialiste des pratiques culturelles. Tous deux rendent compte de nos nouvelles pratiques de lecture liées à l’évolution de notre rapport au temps et à l’émergence d’innovations comme le téléphone mobile, les tablettes, et surtout Internet.
Notre lecture est devenue fragmentée, synthétique, pragmatique, subjective, et plus rapide.
Dès lors, dans quelle mesure la démocratisation de l’usage des nouvelles technologies et l’évolution de nos pratiques de lecture ont modifié notre rapport à la lecture, et donc au savoir ?
Vous trouverez à la suite nos deux axes de réflexion :
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[...] Si vous voulez en savoir plus sur la curation de contenus, j’ai écrit tout un dossier que vous trouverez sur mon blog : La curation et de nouvelles pratiques de lecture. [...]